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Une plongée dans l’apprentissage personnel

D 24 octobre 2012     H 08:28     A t_num     C 0 messages


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Dans le cadre de mon travail à l’association les Petits Débrouillards Aquitaine, je suis amené à animer des ateliers de sciences expérimentales autour de thématiques diverses. Le ludion (un exemple dans la vidéo ci dessous) est une expérience que j’anime régulièrement depuis des années et j’en apprend toujours quelque chose comme dans toutes les autres expériences d’ailleurs.

Il y a un peu plus de deux semaines, lors d’une animation tout public dans le cadre de la Fête de la Science , deux enfants expérimentaient sur le ludion. L’adulte qui les accompagnait, qui faisait de la plongée en apnée, m’expliqua que ce principe était utilisé dans son sport . En effet, pour permettre au ludion de descendre en appuyant le moins possible sur la bouteille, on le leste jusqu’à qu’il se retrouve entre deux eaux à la limite de couler. De même les plongeurs en apnée, pour éviter de trop s’épuiser dans leurs descentes ou leurs montées, utilisent le principe des poumons-ballast.
Dans la descente, ils règlent leurs lestes pour se retrouver à une certaine profondeur ou la pression de l’eau prendra le relais. En effet, au fur et à mesure que la pression augmentera lors de la descente, elle appuiera sur la cage thoracique qui diminuera son volume du fait de la compressibilité de l’air (le principe de l’apnée étant de bloquer la respiration afin de maintenir la quantité d’air dans les poumons du début à la fin)et ainsi la poussée d’Archimède diminue. Le plongeur coule sans efforts.

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Wyngarden/cc-by-sa

Dans la montée, ce système permet de nager vers la surface avec le moins d’efforts possibles puisque la pression diminue tout au long de la remontée et permet au poumon de retrouver sa forme initiale. Celle qui nous permet de flotter. Le plongeur n’a plus qu’à donner quelques coups de palmes pour atteindre la surface.

Pourquoi cette anecdote ?
Parce qu’elle est caractéristique des processus d’apprentissage à mettre en œuvre et de ma propre manière d’apprendre.

Tout d’abord , qu’est ce que j’ai du faire pour vous raconter cette histoire. Il a fallu mémoriser l’anecdote, faire appel à ma mémoire, remplir les vides, mettre en doute,vérifier en ligne, l’écrire, "mettre à jour" mes connaissances du fait des compléments obtenus par la recherche documentaire. [1]

De plus, avant tout ça, j’ai été formé à animer cette expérience, je l’ai animée et j’ai échangé avec de nombreux animateurs sur le sujet. J’ai eu à répondre à de nombreuses questions auxquelles j’ai accompagné les gens à trouver leurs réponses et parfois j’ai répondu directement. Certaines questions m’ont fait douter sur le sujet et je me suis remis à chercher pour comprendre. J’y ai aussi réfléchi et je me suis documenté. Et j’ai reproduit l’expérience dans des façons très différentes. Je me suis trompé aussi [2].

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Domaine public

Il s’agit là d’un apprentissage multi-épisodique comme le définit Alain Lieury dans "Mais où est donc ... ma mémoire ?" : "La sémantique s’apprend donc, non comme une répétition par cœur mais comme de multiples épisodes contenant chacun une parcelle de sens." On voit bien alors que l’apprentissage est toujours du "Work In Progress". L’apprentissage est la façon dont on va tisser des liens entre des connaissances. Quand je veux me rappeler le théorème de la poussée d’Archimède, je repense au ludion et inversement quand je veux construire une animation autour de cette expérience. L’exemple du plongeur en apnée vient compléter ma définition de l’objet ludion.

Cette expérience nous montre aussi que l’apprentissage n’est jamais cloisonné mais plutôt interdisciplinaire. Cette expérience du ludion, qui parait toute bête en premier lieu, touche aux sciences expérimentales , à l’histoire des sciences (Inventé par Descartes), à la physique (La poussée d’Archimède et la compression des gaz), à la biologie(principe de fonctionnement de la vessie natatoire du poisson) et à l’ingénierie(Principe de fonctionnement des ballasts), etc...De se rendre compte de cette caractéristique rend l’objet d’étude attractif car il n’a pas qu’une seule porte d’entrée pour intéresser les apprenants.

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Domaine public
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Uwe Gille/cc-by-sa
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Magnus Manske/cc-by-sa








Et maintenant, comment j’apprends ?
Je passe d’un sujet à un autre sans forcément de liens entre eux. Je balaie un grand nombre de thématiques sans vraiment y rentrer à fond. Je préfère avancer petit à petit et revenir plus tard. La construction se fait par aller retour et dans toutes les directions et surtout en passant par plusieurs supports. Je n’ai finalement jamais su travailler autrement. Sauf sur des temps bien précis ou les différentes formations exigeaient des productions écrites qui m’ont demandées de pousser mes recherches et de structurer ma pensée pour la coucher sur le traitement de texte.

J’apprends aussi par répétition, mais pas en répétant la même activité inlassablement comme on apprendrait une leçon mots pour mots mais en reprenant la même chose et en y apportant des variantes, c’est ce qui me permet de ne pas me lasser. Ces variantes me viennent des différentes animations, des solutions que m’apportent les différents publics que je côtoie ainsi que des échanges que j’ai avec eux. Cette répétition me donne des repères pour une animation qui est soumise à l’imprévu du fait d’avoir des publics différents dans des contextes variés et sur des thématiques multiples. Cette façon d’apprendre concerne principalement mon travail mais je la retrouve aussi sur l’utilisation des TIC. C’est peut être pour ça aussi que je m’y retrouve et m’y implique.

à suivre...

Portfolio


[1"... contrairement à l’image classique d’une vaste collection de données archivées, la plupart de nos souvenirs sont des reconstructions. En effet, les souvenirs n’étant pas stockées dans le cerveau comme des livres dans une bibliothèque, leur rappel exige à chaque fois une reconstruction à partir d’éléments épars dans différentes aires cérébrales." Source : Apprendre à apprendre

[2"Notre mémoire est fondamentalement associative : on retient mieux lorsqu’on peut relier la nouvelle information à des connaissances déjà acquises et solidement ancrées dans notre mémoire. Et ce lien sera d’autant plus efficace qu’il a une signification pour nous. Donc prendre le temps de trouver ce lien peut être payant en bout de ligne." Source : Apprendre à apprendre

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